Shabnam Zeraati

Shabnam Zeraati

Drawing

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Shabnam Zeraati montre ses pensées en dessinant des personnages imaginaires avec une encre iranienne sur un papier français. Ses personnages sont connus de tous ; tels des anges de contes de fées ou des peaux-rouges de western, à cette différence que près les premiers sont trop fatigués pour voler et que les seconds préfèrent se tenir tranquilles sur le papier plutôt que de se battre.

Après avoir dessiné, elle mange du chocolat en regardant vivre ses personnages.



MES CORPS DESSINÉ

Je dessine des corps humains qui me sont inconnus.

Le vêtement, lui est connu, avec on peut jouer à cache-cache.

Mais le corps humain n’a pas de vêtement.

Comment alors percevoir les corps ?

En faisant des dessins,

Après, les dessins, je peux les habiller, et m’habiller avec !

En tout cas, ça dépend de l’histoire. Parfois elle est déjà là, un peu.

Mais le plus souvent mes dessins sont maîtres de mon histoire, parce qu’ils sont eux- même mon dictionnaire. A la fin, je peux penser à la construction de mon livre.

Typographie, mise en page, format, mais surtout contenu.

Car pour que l’objet dise la vérité sur mes sentiments, je dois les écrire avec les bons matériaux.


MES CORPS SANS RÈGLE

Le corps humain est un aspect d’un esprit, les poses qu’un modèle prend font apparaître des formes.C’est la puissance d’un modèle qui me conduit à montrer qu’il ou elle est fatiguée, triste ou en train de pleurer, et… La vie est une situation qui le ou la conduit à prendre des formes,et ces formes lui donnent la puissance de devenir un embryon, de serrer ses genoux entre ses bras puis de crier, et… Pour moi, le corps humain signifie la vie et la mort et mes dessins aussi contiennent ces mots-là. Je les dessine pour la mort, parfois ils sont faits pour le destin et pour continuer la vie, mais la vie et la mort qu’ils sont obligés de connaître sont complètement différents de ce qu’on peut penser. Alors je peux dire que le corps humain, dans des situations exceptionnelles, est un objet d’art.

Quand je dessine, je donne naissance à des corps. Je ne pense pas directement, à ce moment, à respecter des règles pour créer mes personnages. L’image que je donne de mes modèles n’est pas conforme à ce qu’ils voient dans un miroir. Ils peuvent voler dans l’espace qu’ils désirent. Ils sont libres, la liberté est ce que je veux montrer dans tous mes travaux, le plus longtemps possible, tels que je les dessine, ces corps sont sans cadre.


LES CORPS MÉTAMORPHOSÉS

Tous les matins on se réveille, notre corps bouge, il regarde au plafond et sent qu’il est vivant, on se regarde dans le miroir, on cherche des changement on attend qu’il arrive quelque chose de bien ou de mal sur notre corps. D’abord on est enfant, après quelque temps on devient jeune. Puis les rides apparaissent sur notre corps. On est vieille, on est toujours en train de changer, même après la mort. Ce sont des métamorphoses. On peut chaque jour sentir qu’on est le héros de l’histoire de Frantz Kafka.

Mes modèles sont là, devant mes yeux, ils viennent du lointain, c’est pour ça que parfois ils sont des peaux- rouges, parfois des anges venus de paradis. Mon ange va mourir apparaître dans le corps d’un samouraï, mes personnages sont toujours en train de changer. Quand je l’ai dessiné, ce corps s’est séparé de l’idée de sexualité et personne n’ose le toucher, parce que, en général,on ne touche pas une oeuvre d’art.

DESSINS EN NOIR ET BLANC

Un stylo, un carnet, mon corps devant le miroir: voilà, mes matériaux principaux pour commencer un dessin en noir et blanc.Pendant une période, c’était juste moi et le miroir, j’étais devant le miroir et je me dessinais, alors j’ai donné naissance à des autoportraits. Certains nus comme au moment de la naissance et de la mort, comme dans le cas d’ Egon Schiele, au début de XX e siècle à Vienne.

Pour le reste je me dessinais habillée, mais à ce moment- là, mes autoportraits étaient une manière d’être égoïste.

un autoportrait est une façon de l’être. Quand je travaille sur ce sujet qui est MOI (si négative, si positive), je me force à penser juste à moi et pas à quelqu’un d’autre et je me trouve toujours moi-même dans le caractère des autres.

ALORS on pense toujours à son abandonne les gens et on se trouve dans un espace où il n’y a plus personne. On est seul dans une ronde, les gens sont en de hors et toujours on se bat contre eux, on garde ses sentiments pour soi et on ne partage plus rien avec les autres.

Pendant un temps il n’y avait que moi et mon corps, et bien sûr mon âme.

Je n’acceptais que de me dessiner moi-même. Je ne pouvais pas dessiner les autres, ça arrivait parfois, mais c’était rare. Et je ne pouvais pas avoir établi de relations pour créer un nouveau personnage, une nouvelle histoire. Ce que je cherchais, je pouvais le trouver sur mon corps, pas sur celui des autres.

Toute période a une fin. Après, j’ai dû me quitter moi-même, j’avais toujours mon carnet avec moi et bien évidemment mon stylo, mais j’ai mis decôté mon esprit et mon miroir. Surtout, il y avait longtemps que j’avais envie de dessiner des hommes. C’est peut- être le moment d’expliquer un peu la situation queje vivais en Iran. On nous obligeait à dessiner les modèle avec le hijab Islamique, les cours des femmes étaient séparés des cours des garçons, les filles n’avait pas droit de dessiner les hommes à l’université et on ne dessinait que des filles portant le hijab.

C’est dans cette ambiance que je me suis trouvée moi-même. J’étais dans un asile, mes dessins devaient porter un voile islamique, à cause de ça, j’ai commencé mon autoportrait et j’ai continué en arrivant en France. J’étais avec les autres en utilisant la même technique, ce qui été changé, c’étaient les corps.

Mes dessins étaient sans couleur, et ils donnaient l’impression de la mort plus que de la vie.














































































DESSINS EN NOIR ET BLANC


Un stylo, un carnet, mon corps devant le miroir: voilà, mes matériaux principaux pour commencer un dessin en noir et blanc.Pendant une période, c’était juste moi et le miroir, j’étais devant le miroir et je me dessinais, alors j’ai donné naissance à des autoportraits. Certains nus comme au moment de la naissance et de la mort, comme dans le cas d’ Egon Schiele, au début de XX e siècle à Vienne.

Pour le reste je me dessinais habillée, mais à ce moment- là, mes autoportraits étaient une manière d’être égoïste.

un autoportrait est une façon de l’être. Quand je travaille sur ce sujet qui est MOI (si négative, si positive), je me force à penser juste à moi et pas à quelqu’un d’autre et je me trouve toujours moi-même dans le caractère des autres.

ALORS on pense toujours à son abandonne les gens et on se trouve dans un espace où il n’y a plus personne. On est seul dans une ronde, les gens sont en de hors et toujours on se bat contre eux, on garde ses sentiments pour soi et on ne partage plus rien avec les autres.

Pendant un temps il n’y avait que moi et mon corps, et bien sûr mon âme.

Je n’acceptais que de me dessiner moi-même. Je ne pouvais pas dessiner les autres, ça arrivait parfois, mais c’était rare. Et je ne pouvais pas avoir établi de relations pour créer un nouveau per-

sonnage, une nouvelle histoire. Ce que je cherchais, je pouvais le trouver sur mon corps, pas sur celui des autres.

Toute période a une fin. Après, j’ai dû me quitter moi-même, j’avais toujours mon carnet avec moi et bien évidemment mon stylo, mais j’ai mis decôté mon esprit et mon miroir. Surtout, il y avait longtemps que j’avais envie de dessiner des hommes. C’est peut- être le moment d’expliquer un peu la situation queje vivais en Iran. On nous obligeait à dessiner les modèle avec le hijab Islamique, les cours des femmes étaient séparés des cours des garçons, les filles n’avait pas droit de dessiner les hommes à l’université et on ne dessinait que des filles portant le hijab.

C’est dans cette ambiance que je me suis trouvée moi-même. J’étais dans un asile, mes dessins devaient porter un voile islamique, à cause de ça, j’ai commencé mon autoportrait et j’ai continué en arrivant en France. J’étais avec les autres en utilisant la même technique, ce qui été changé, c’étaient les corps.

Mes dessins étaient sans couleur, et ils donnaient l’impression de la mort plus que de la vie


LE CORPS COLORÉS

Après chaque mort il a une naissance. Je me suis déjà séparée du miroir et je dois effacer et ajouter quelque chose pour créer en couleur, ça commence avec un pinceau de calligraphie et des encres colorées.

Et voilà la naissance d’un corps coloré.

Quand je choisis une couleur, je ne pense pas à Johannes Itten. Ce qui donne leurs couleurs à mes dessins, ce sont les choses que j’image pour chaque personnage.

LES ÉCRITURES AU TOUR DES CORPS

Il y a toujours une histoire qui accompagne les corps, ou sur la feuille, ou dans ma tête.

Ces histoires sont la raison de l’apparition des personnages.

Je peux les montrer de deux manières. D’abord le dessin, ensuite l’écriture. J’écris ce que je pense à côté de mes dessins, si je pense à quelque chose de triste, alors je le dessine et aussi j’écris.

Les textes que j’ajoute à mes dessins jouent un rôle très important dans mes travaux, ils les expliquent et sont aussi une sorte de dessin ils ne sont pas toujours nets et on peut leurs trouver une qualité de typographie